Dieu

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Bien 13th Floor Elevator !Huit février mil neuf cent quatre-vingt-six. Pendant le cours d'histoire, une discussion à propos de Dieu opposa Eric et Tommy Le Macao, dans le fond de la classe de première primaire. Exclu de ces débats comme des matchs de football durant les récréations, je les écoutais secrètement tout en faisant semblant de me passionner pour Madame Maxime qui expliquait l'histoire de la Légia à travers les ƒges, ce stupide ruisseau coulant dans les égouts.
- Aujourd'hui, j'ai mangé du pain béni par Dieu, commença Eric.
- Qu'avait-il de spécial ? Dieu, demanda Tommy le Macao, s'est assis dessus ? J'ai déjà mangé de ton pain béni, il avait un goût spécial. Il goûtait la merde.
- Si la terre explose, Dieu viendra et réunira le monde, reprit Eric en bon petit chrétien.
- Bien sûr, pauv' con, avec de la colle forte. Ferme ta gueule, voilà Madame !
En effet, la tranquille Madame Maxime, tout en continuant à parler du ruisseau puant qu'est la Légia, s'était avancée vers les deux enfants.

Pendant la récréation, assis, à l'ombre, sous le préau, je regardais mes condisciples jouer au football et m'imaginais être le ballon au milieu de la cour. Je roulais tout en procurant de la joie ou de la haine aux élèves qui jouaient avec moi. Mon rêve. Pour la première fois, j'étais inclus dans le monde et ne devais pas observer ou écouter secrètement sans pouvoir répliquer. Mais bien vite, je sortais du rêve lorsque les instituteurs criaient qu'il fallait se mettre en rang.

L'après-midi, c'était biologie. Dissection des chenilles. Madame Maxime adorait ce cours qu'elle appelait avec orgueil "Eveil". Toutes ces petites mains qui tuaient tant d'espèces de l'ordre des lépidoptères pour la science. Alors que je regardais les dernières minutes de vie de ma chenille, je repensais à la discussion à propos de Dieu qu'avaient eu mes condisciples, ce matin. Mes doigts qui saisissaient la chenille étaient-ils guidés par Dieu ? Etais-je un bourreau exécutant la volonté d'une image ? Et c'est à ce moment précis, alors qu'une crème jaune et épaisse s'échappait du corps de la chenille et me coulait entre les doigts, que je compris que Dieu n'existait pas.

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À propos de cette note

Cette page contient une unique note de Marcelin publiée le 20 mars 2004 2h38.

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