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An evening with a Butcher

Hier soir, j'avais rendez-vous dans l'antre du Butcher. Après avoir consommé des stupéfiants (ce Butcher doit avoir le sang de couleur verte, et non rougeoyant), nous sommes allés boire du whisky au "Shamrock", chouette café celtique de qualité. Après avoir subi les conversations de voisins de table égarés en cet endroit (de magnifiques bourrins), passage au Pot-au-lait, o— j'ai revu de vieux drouggies, dans un état proche de la fuite et de la déconfiture spirituelle.
J'ai remis les pieds dans le carré, après. Cela a confirmé mon opinion : je ne supporte plus le carré. J'ai l'impression d'avoir 102 ans, d'être totalement anachronique dans ce cadre. Nous nous sommes installés alors à la terrasse d'un des cafés les plus cafardeux de Liège. Un couple de jeunes bobos se trouvait à notre gauche. Ils furent rapidement rejoints par deux autres jeunes amies, qui visiblement ne supportaient pas l'alcool, et dont l'une d'entre elles avait eu un rencard foireux avec un russe.
Je me suis alors lancé dans un monologue mélangeant apologie de la vodka et ma rencontre en '69 avec Jimi Hendrix. Intriguée et bourrée, elle en vint à nous parler de ses études (encore une jeune universitaire de com'), de sa famille, du fait qu'elle était bourrée et ne se souviendrait plus de cette discussion le lendemain. Le Butcher me regarda alors. J'avais compris.
- Cela ne t'intéresse pas, un petit bang filmé dans une camionnette, lui dit-il ?
La fille se mit à sourire, faisant mine de ne pas comprendre. La nana était plus attirée par le Butcher (le côté sanguinolent sans doute), alors c'est moi qui ai du filmer la séquence, la parsemant de commentaires entre la conduite et le tournage, ce qui était pour le moins impromptu, voire inconfortable. Après la séance, le Butcher la fit évacuer d'une claque sur le postérieur (geste machiste digne d'un film de Carpenter), et nous reprîmes de l'herbe de Marie-Jeanne en écoutant Electric Wizard (groupe de stoner d'une lourdeur insoupçonnée) et Dream Theater (groupe de métal progressif, toute ma jeunesse). Ca c'est de la troud' attitude.

On ne regrette pas sa soirée.

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