Alors que je m'en allais d'un pas lourd vers mon travail ce matin, je me suis dit que quelque chose clochait, qu'il y avait décidemment trop d'agitation. Un mouvement centrifuge vers la grand place. La vue de tabliers anciennement blancs souillés me fit réaliser : de jeunes gens et jeunes filles s'adonnaient au culte païen de la Saint-Nicolas.
Il était à peine 9h, et je fus étonné de constater que la dynamique de cette vague humaine semblait à son paroxysme. Les protagonistes sont, après de longues heures de festivités, en général assez marqués, de façon logique. Mais là, on avait l'impression que ces jeunes en particulier avaient décidé et étaient heureux d'être le plus crade possible, et ce dans le laps de temps le plus court.
J'observai la journée durant de ma fenêtre le théƒtre de leurs facéties : les brancards, les vomissements, la joie de se sentir un ensemble, une masse partageant quelque chose, dans une cérémonie faisant quasiment penser à un rite initiatique. Car, en cette date, ce n'étaient pas les élèves du supérieur, mais en grande partie ceux du secondaire, qui buvaient et festoyaient dans des excès encore hésitants, dénués de l'envie de s'abîmer et d'oublier, ou encore de se déchirer en toute connaissance de cause. Merveilleuses premières ivresses, laissant augurer bien des lendemains enchanteurs.
Vers 16h30-17h, la ferveur diminua : les participants se dispersèrent, commencèrent à regagner leurs foyers. L'évènement était passé, seuls subsistaient quelques groupes et les traces d'un passage exubérant.
Au moins, j'ai entendu de grandes versions de "Musique", d'"Il est vraiment phénoménal", de Balavoine et d'autres joyeusetés.

mdr pour ton article manu. c'est ce que jai vécu en ce mémorable jour de part mon trou perdu.
Si j'ai pu te distraire un peu, ça me fait bien plaisir. Mais ne jamais oublier cette vérité: roger moore et tony curtis sont trop cools!