Lettre de la marquise de Vomigné
Chère Françoise-Marguerite,
Il faut que je vous conte une historiette qui est très vraie et qui vous divertira. L'an dernier, l'idée d'aller manger, avec une poignée d'amis, dans un grill restaurant avait germée dans l'esprit de Manu. Celui-ci en parla, mais, à l'époque, la proposition tomba à l'eau. Pas plus tard que la semaine passée, Yvos qui s'était souvenu de l'idée avait relancé la machine. Après plus d'une heure de contacts téléphoniques, donnés par Cécile et votre serviteur, nous nous mîmes d'accord avec dix personnes - non inclus Manu et Yvos, ayant proposé tous deux l'invitation et l'ayant aussitôt déclinée.
Je dois vous dire, Françoise-Marguerite, que le moment passé au restaurant fut charmant - la décence m'empêche de le nommer en ces lignes ; je ne veux point nuire à la réputation de cet établissement fort convenable lorsque nous n'y sommes pas - et ponctué de viandes sautillantes sur des grills, de buffets d'huîtres, de route des desserts, de crèmes glacées et surtout, oui surtout, de divins alcools. Le rosé, c'est mon vin préféré, dit le poète. Le vin blanc, c'est charmant, ajoute cet autre. J'additionnerai à la liste : le kir, ça fait vomir. Notre ami, qui au départ assurait notre retour à Liège, déclara forfait après sa brochette, et ce, sous le couvert d'une fatigue intense le gagnant. Nous dûmes donc téléphoner à une agence de taxis. Le voiturier fut le plus gentil du monde. Il nous accepta, alors que nous étions six. Imaginez le tableau, Françoise-Marguerite : à l'avant, Cécile, obligée d'écouter le chauffeur pendant tout le trajet ; à l'arrière, Nicolas, Nathalie, Anne et moi-même, et dans le coffre, Tony, plus malade que jamais. Et le taximan parla.
Il venait de conduire au Millenium, boîte de nuit o— vont tous les cools, deux jeunes hommes. Ceux-ci avaient tartiné de gel leurs cheveux et, par la même occasion. les sièges. Ils avaient souillé les banquettes, les saligauds. Le pot de gel, pièce à conviction gardée par le chauffeur, fut rapidement découvert dans le coffre de la voiture par Tony qui y était assis assez inconfortablement. Ce dernier se mit à enduire nos têtes de ce produit gluant. Les dix-huit euros payés, nous laissƒmes à regret - car il est vrai que nous nous y étions fortement amusés - notre taxi. Le trajet avait fait de l'effet à Nicolas car il vomit violemment au pied de la passerelle, sous le regard médusé des clochards (oui, il y en a des plus saouls que vous, messieurs). Entraînée par l'envie pressante d'uriner, Anne nous mena à un café las vegas paranoïesque o— les palmiers côtoient les cocktails tropicaux. Tony se laissa aller à souiller les toilettes et leur mur, après une consommation particulièrement redoutable qui aurait fait frémir n'importe quel Captain Cap sur cette planète. De bars en zincs, cette débauche alcoolique se finit dans un troquet o— les affiches de Hendrix et de Zappa règnent en maître, mais o— vous n'y entendrez jamais cette musique, même si vous la demandez au cafetier avec insistance.
Ensuite, Anne repeignit en jaune fluo la façade de l'école d'infirmières. et ce fut tout.
Bien à vous,
Votre mère, Madame la Marquise de Vomigné.
Commentaires
Trop de la balle ! :)
Postée le: Tony | novembre 30, 2002 02:08 PM
Bien crépitte
Postée le: Cécile | novembre 30, 2002 02:35 PM
Bien vomi, tout ça...
Postée le: l'homme | novembre 30, 2002 07:05 PM
Laaaaaaa chaaaaaaaaaatte
Postée le: Anne | décembre 1, 2002 10:15 AM
C'est donc à ça que ressemble l'intérieur du Vegas. Bon à savoir... ;<)
Postée le: Xarro | décembre 2, 2002 03:29 PM
bien dans la vibe!
cette soirée sent néanmoins la débauche, n'est-ce pas?
Postée le: un témoin | décembre 3, 2002 09:20 PM
Right
Postée le: Frank Zappa | décembre 4, 2002 07:15 AM