Les commentaires sur les ouvres littéraires sont en général un amas de poncifs, de clichés, d'expressions creuses issues des béta-langages de communication relationnelle.
Exemples :
® Son sens de la réplique percutante fait toujours mouche, et sa description de la laideur est toujours aussi marquante. ¯ (Discussion sur Amélie Nothomb)
® Son irrévérence est si distrayante, il a vraiment un sens du décalage admirable, tout en décrivant magnifiquement les médias, on sent bien l'influence jet set de Brett Easton Ellis. ¯ (Paroles sur Beigbeder)
® C'est un provocateur né, et puis quelle puissance dans ses propos, il refuse toute compromission dans sa liberté d'auteur. ¯ (conversation sur Houellebecq)
® J'aime son style d'écriture, très fluide, facile à lire. ¯ (utilisé dans toutes les descriptions du type d'écriture d'auteurs)
® Il joue sur le langage d'une manière originale. ¯ (tout aussi employé)
® Dès la première ligne on rentre dans l'intrigue, et on est pris par son style si personnel. ¯ (très courant, encore une fois)
Les exemples cités plus haut sont parmi les plus entendus, dès que l'on discute littérature. Nous employons tous des lieux communs, mais certains les utilisent sans arrêt, réduisant une ouvre ou un auteur à quelques répliques plus ou moins heureuses.
Dans l'idéal, une ouvre n'a pas besoin de commentaires, son idée doit s'imposer d'elle-même. La lecture doit être une expérience. Il vaut mieux adopter l'attitude du poète Dylan Thomas, qui, lorsque l'on commentait ses poèmes en sa présence, se laissait tomber par terre et se livrait à des contorsions. L'inexprimable s'accommode mal de nos vaines tentatives à le retranscrire verbalement.

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